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Les lois de l’attraction
| Pays | États-Unis |
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| Sortie France | 12 mars 2003 | |
| Durée | 1 h 50 | |
| Titre original | The rules of attraction | |
| Réalisateur | Roger AVARY |
La note de ThD |
| Avec | James Van Der BEEK (Sean Bateman) |
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| Shannyn SOSSAMON (Lauren Hynde) | ||
| Ian SOMERHALDER (Paul Denton) | ||
| Jessica BIEL (Lara Holleran) |
Le roman était très bon (comme tous les autres de Bret Easton Ellis). L’affiche est très réussie (tous ces petits lapins en peluche qui s’enculent, moi ça me plaît ; et il est grand temps que je change le grand poster de Bagdad Cafe dans ma chambre...). Le film est génial.
Oui, j’ai adoré « Les lois de l’attraction », l’adaptation du roman éponyme. Ce qui m’a le plus fasciné en le voyant, c’est comment, par le simple jeu des images et du montage, Roger Avary est parvenu à recréer de manière aussi proche l’ambiance générale et la manière d’écrire d’Ellis. C’est tourné comme un clip, ça va à 1000 à l’heure, il y a des flashs et des retours en arrière tout le temps, c’est complètement speed ; mais c’est vraiment ce qu’essaie de traduire l’auteur. On se laisse griser, saoûler, par le flot d’images. Comme les héros, mais sans avoir besoin de se bourrer d’ecta, on est très proche de l’overdose. On ne maîtrise plus rien. On est pris dans un tourbillon qui ne peut se terminer que dans le plus profond abattement (ce en quoi, je rapproche ce film de l’excellent « Requiem for a dream », de Darren Aronofsky).
Les héros de Bret Easton Ellis disent merde à W. Ils boivent. Ils baisent. Ils sniffent des lignes de coke à s’en faire péter les narines. Ils vont de soirées en partouzes. Ils ne s’arrêtent jamais. Tout le monde baise tout le monde, mais jamais celui ou celle qu’il convoite. Avec toujours ce même fond de noirceur, de désespoir. Le héros d’Ellis est largué. Aucune fin salvatrice. Jamais. Ceux qui s’en sortent le mieux passent par la case suicide ou overdose, c’est au choix. Se plonger dans un roman de Bret Easton Ellis, c’est accepter d’en ressortir KO (à éviter en période de pulsions suicidaires). Il faut peut-être être maso pour le lire, mais c’est rudement bien écrit. Et le film, donc, rend très bien compte de ce côté « la vie leur échappe, regardons-les couler ».
On ne peut pas, bien sûr, rendre par l’image le désespoir qui suinte de chaque page. Mais on s’en approche. Les acteurs sont à tomber par terre (Ian Somerhalder, hmmmm, encore mieux que Robbie Williams !). La scène au restau avec Faye Dunaway est géniale. J’ai vraiment aimé, aimé, aimé. Pour ma part, c’est décidé. Je laisse tomber (momentanément) mon tome 3 de de Gaulle, et je me remets immédiatement à Bret Easton Ellis (il y a encore « Glamorama » que je n’aie pas lu). Méfiance cependant. Je comprendrais fort bien que beaucoup de personnes n’adhèrent pas du tout et quittent la salle au bout de 10 mn.

