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Loin du Paradis


 

 

 
Pays États-Unis

Sortie France 12 mars 2003
Durée 1 h 47
Titre original Far from Heaven  
   
Réalisateur Todd HAYNES

La note de ThD

Avec Julianne MOORE (Cathy Whitaker)

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  Dennis QUAID (Frank Whitaker)
  Dennis HAYSBERT (Raymond Deagan)
  Patricia CLARKSON (Eleanor Fine)

Ca y est. Enfin. Je voulais le voir depuis un moment. Mission accomplie.

Les années 50. Le Connecticut. Une bonne famille. Papa, cadre dirigeant, très bonne situation, reconnu par ses pairs. Maman, excellente maîtresse de maison (fort belle et grande maison d’ailleurs), la reine des réceptions. Le fiston, mignon. La fifille, mignonne. Plein d’amis bien WASP tout autour. Une gouvernante, un jardinier. On nage dans la guimauve du matin au soir. Les voitures sont chromées et étincelantes. Les robes sont superbes. Mais putain qu’est-ce qu’on s’emmerde !

Et puis heureusement, ça ne pouvait pas durer. Un jour, Madame, aimante, trouve Monsieur fort affairé avec un autre mec. Stupeur. Tremblements. Pleurs. Vite, un médecin. Lequel propose la psychanalyse ou les électrochocs. Monsieur sera courageux et se fera soigner. Madame trouvera un excellent dérivatif en défiant la bonne société et en montrant qu’on peut être ami avec les noirs ! Elle sera bien sûr rejetée par toute la communauté. Elle s’en fout, c’est une rebelle au fond d’elle, elle est en avance sur son temps, elle est bonne, une quasi-sainte. On continue à s’étouffer dans la guimauve, mais en plus politiquement incorrect.

Vu comme ça, « Loin du Paradis » pourrait s’apparenter à un truc immonde, un mélange de Candy et des Bisounours pour les plus de 30 ans. Et pourtant, c’est très bien !! Oui, oui, ne craignons aucun paradoxe. « Loin du Paradis » est vraiment un bon film. Parce qu’il rentre à fond dans toutes une série de clichés complètement dépassés, mais qu’il l’assume complètement. Tod Haynes a voulu faire un mélo, il y a mis tous les ingrédients, il est allé au bout de son trip. Il n’essaie pas de se donner un genre. Il recrée complètement les années 50, dans les costumes, les décors, les coiffures. Et surtout dans la façon de filmer. Jusqu’à la typographie des caractères sur le générique de début. Et là, ça devient génial. Il ne nous épargnera rien : la musique, les feuilles d’automne, la mignonne petite étendue d’eau au milieu des bois, la neige à Noël. Mais ça fait du bien de rêver, de se laisser prendre par un mélo. Pour le message « politique », il vaut mieux zapper bien évidemment. Mais pour le reste, c’est très bien !