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La montée des eaux
| Auteur | Thomas B. REVERDY | La note de ThD | |
| 08/10 | |||
| Pays | France | ||
| Première parution | 2003 | ||
| Éditeur | Seuil | ||
| Lu | Novembre 2003 |
Quand votre écrivain privilégié vous conseille en personne un roman, un premier roman qui plus est, que faites-vous ? Vous l’achetez. Vous commencez à le lire. Vous le dévorez. Vous l’adorez.
"La Montée des eaux", donc. Voilà un court roman, premier écrit publié d’un certain Thomas B. Reverdy, 28 ans au compteur (ce B. mystérieux est déjà prometteur dès la couverture). Deux récits mêlés. Deux hommes et le souvenir de deux femmes. Deux disparitions, alors qu’au dehors la tempête souffle depuis des semaines, l’eau envahit tout, et la société et l’économie sombrent sous l’effet des caprices de la nature. Le narrateur d’abord. Un jeune homme. Une passion fulgurante pour une certaine Eléonore, rencontrée dans un bar, et aujourd’hui à jamais disparue. L’Amour à jamais enfui. Hormis l’alcool, seule la présence de Julien, l’Ami de toujours, l’aidera à tenir (de très belles pages finales, d’ailleurs, sur l’amitié). Parallèlement à ça, l’histoire de Thomas (décidément !). Thomas qui revient sur les traces de son passé. Thomas, qui vient d’enterrer sa mère et revient pour la première fois depuis si longtemps dans l’appartement de son enfance. Là, il redécouvre l’amour que lui portait sa mère. Un amour qu’il avait oublié, qu’il ne voulait plus voir. Un amour qu’il redécouvre trop tard. Des photos. Des petits mots. Des souvenirs. Trop tard. Seule l’écriture lui permettra de surmonter la détresse.
Un très beau roman donc. Plein de petits détails. Un roman doux, nostalgique. Tout est perdu, mais on sent poindre l’optimisme au travers des souvenirs. L’optimisme qui prendra tour à tour la forme de l’amitié et de l’écriture. L’auteur lui-même écrit (et décrit) divinement bien. Un auteur de 28 ans qui emploie encore l’imparfait du subjonctif ("se promenant, comme nous, sans que nous arrivassions à savoir s’ils y étaient habitués ou si c’était, pour eux aussi, un jour un peu spécial, et nous demandant si nous leur ressemblions vraiment et quel genre de communauté s’était donné là rendez-vous.") ne peut de toute manière pas laisser indifférent. Un beau livre, qu’on a envie de refermer tout doucement avant d’aller s’endormir, qui rend tout chose et qui fait du bien en même temps. Une très bonne découverte...
