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Ma ligne 13


Auteur Pierre-Louis BASSE La note de ThD
08/10
Pays France
Première parution 2003
Éditeur Éditions du Rocher
Lu Janvier 2004

Un inattendu et très beau, émouvant même, recueil de réflexions sur Paris, ses habitants, ses misères, la vie qui va, les sociétés qui se côtoient...

Pierre-Louis Basse est journaliste sportif sur Europe 1 depuis plusieurs années. Il habite Saint-Ouen la populaire et anime chaque soir dès 20 heures Europe Sport, depuis la station de la très chic rue François-Ier. Alors chaque jour il parcourt la ligne 13 du métro, quand il n’emprunte pas la ligne 80 du bus. L’occasion de voir cohabiter deux mondes qui ne se rencontrent pas, mais qui risquent un jour de s’affronter.

Des beaux quartiers, Pierre-Louis Basse ne retient qu’un lancinant écœurement, devant les vestes en piton à 48.000 €, la prostitution discrète des bars branchés, les bimbos à la conquête de vieux messieurs en Mercedes, les vieilles belles qui essaient d’oublier les ravages du temps en claquant des fortunes chez Carita...

Au nord, la vie est tout autre. On s’organise comme on peut quand les bobos et Delanoë nous rejettent à la périphérie. Si les jeunes restent attirés par les vitrines brillantes des Champs-Elysées, les vieux n’essaient même plus de pénétrer ce monde interdit.

Entre ces deux mondes, la Place de Clichy, véritable check-point aux frontières de la ville. La ligne 13 elle-même change d’aspect à partir de cette frontière, au-delà même des usagers qui l’empruntent. Les stations s’ouvrent à la lumière à partir de Saint-Lazare et Miromesnil. Plus haut, le gris envahit tout. Alors Pierre-Louis Basse observe. Il nous raconte Boujedra, le vieil algérien qui habite lui aussi Saint-Ouen, mais qui n’est jamais dans sa vie descendu plus bas que la Place de Clichy !! Il y a aussi Jeannine, une petite vieille qui sous l’œil complice des chauffeurs, reste toute la journée assise dans la ligne 80, pour trouver de la compagnie, de la lumière et du chauffage, avant de rentrer le soir dans son centre d’accueil.

Ce très court livre est plein de petites choses très belles et plutôt désespérées. Pierre-Louis Basse écrit agréablement et se laisse aller à ses réflexions désabusées. J’avoue que je n’aurais jamais cru qu’un journaliste sportif serait capable d’écrire un si joli livre. Comme quoi, il faut de temps en temps partir à la découverte de l’inconnu. Encore un petit effort et d’ici, la fin de l’année, j’aurai lu les mémoires complètes d’Aimé Jacquet et l’intégrale des blagues de Thierry Rolland...