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Les invasions barbares


 

 

 
Pays Canada

Sortie France 24 septembre 2003
Durée 1 h 39
Titre original Les invasions barbares  
   
Réalisateur Denys ARCAND

La note de ThD

Avec Rémy GIRARD (Rémy)

(JPG)

  Stéphane ROUSSEAU (Sébastien)
  Marie-Josée CROZE (Nathalie)
  Dorothée BERRYMAN (Louise)

Le film de la semaine. Celui que je voulais voir depuis mercredi. Une bande-annonce accrocheuse et sympathique. L’accent canadien. Le prix du scénario en mai à Cannes. Une critique enthousiaste. Que demander de plus ? Ben moi, je demande plus. Beaucoup plus.

J’avoue, je n’ai pas vu le "premier épisode" de cette histoire, "Le déclin de l’empire américain", du même Denys Arcand. Peut-être qu’il fallait pour apprécier ce second opus à sa juste valeur. En tous cas, il s’agit ici de l’histoire des derniers jours d’un queutard universitaire socialiste. Rémy, bien qu’assez jeune, va mourir. Apparemment, il a passé sa vie à sauter tout ce qui bouge et qui porte une jupe. Sur son lit d’hôpital, il poursuit ses délires libidineux, protégé par son épouse. Son épouse, qui a préféré vivre sa vie de son côté tout en veillant de loin sur lui. Son épouse qui ne peut gérer ça toute seule et fait donc appel à leur fils, qui a fait fortune dans les salles de marché londoniennes. Son fils, qui va lui faire aménager un étage de l’hôpital, et réunir tous ses amis autour de lui (à croire qu’au Canada on peut tout faire et que les gens ne travaillent jamais). Et pour soulager le père, on va le bourrer d’héroïne grâce à la fille d’une maîtresse...

Bon, bien sûr le film ne se limite pas à ça. Bien sûr, le film offre quelques beaux moments. Mais vraiment trop rares. On sent que le réalisateur a voulu faire un film de bons sentiments. Mais c’est trop gentillet, c’est trop mièvre, c’est trop gnan-gnan. On nage dans le conformisme, et aucune émotion ne perce. Ou alors j’ai un cœur de pierre (mais je ne crois pas tout à fait, étant donné que j’avais encore envie de pleurer hier soir en voyant pour la sixième fois Meryl Streep s’effondrer dans "The hours"...). Non, vraiment, mis à part le bel accent canadien, je ne vois pas ce qu’on peut trouver à ce film. Quant au prix d’interprétation féminine à Cannes pour Marie-Josée Croze, là non plus, je ne comprends pas du tout. On la voit dix minutes à tout casser, et je ne vois vraiment pas en quoi elle casse la baraque. Charlotte Rampling aurait bien plus mérité le prix, pour "Swimming pool". Mais bon.

Maintenant, pour montrer que je ne suis quand même pas le seul sans-coeur sur cette terre, je ne résiste pas à l’envie de vous livrer la critique parue dans les Inrockuptibles cette semaine. Ceux-là, décidément, je les aime de plus en plus. J’ai jamais vu si méchant. Ils ont toujours la critique qui tue. A côté d’eux, Telerama, c’est juste des enfants de cœur : "Un film ultraconventionnel, au sentimentalisme aussi poisseux qu’artificiel. Malgré deux prix récompensant son scénario et l’une des interprètes féminines au festival de Cannes, Les Invasions barbares sont difficilement envisageables comme voisin d’ Elephant dans le rang des couronnés de la Croisette. Exemple flagrant, maintes fois exprimé, de la faiblesse de la sélection 2003, cette suite du déclin de l’empire américain témoigne une fois de plus de la victoire du politiquement correct et des bons sentiments sur le cinéma (...) Racoleuse réconciliation père-fils, convocation de souvenirs d’anciens combattants de ces vieux soixante-huitards : le film, tire-larmes à souhait, sent le réchauffé à plein nez. Les bons mots dont il se gargarise, supposés exutoires face à la mort, servent un discours plus passéiste qu’épicurien et provoquent un résultat aux antipodes de celui escompté en enterrant tous ces personnages bien avant l’heure."