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Caresser le velours
| Auteur | Sarah WATERS | La note de ThD | |
| 08/10 | |||
| Pays | Grande-Bretagne | ||
| Titre original | Tipping the Velvet | ||
| Traduction | Erika Abrams | ||
| Première parution | 1998 | ||
| Parution France | 2002 | |
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| Éditeur | Denoël .. 10/18 | ||
| Lu | Janvier 2005 |
Il y a un moment déjà qu’on me conseillait de lire le premier roman de Sarah Waters. Seulement voilà, c’est assez bête, mais un roman de femme, pour les femmes, sur les femmes à femmes, je craignais de ne pas comprendre grand chose, de rester froid, et au final de ne pas aimer. Et puis, il faut le reconnaître : dès qu’un roman est bien écrit (très bien écrit même) et inspiré, ben on dévore tout pavé sans problème, quel qu’en soit le sujet.
Le sujet donc, c’est la vie - les quatre vies - de Nancy, adolescente au temps de la vieille reine Victoria. Sa première vie, elle la passe à Whistable, petit port de pêche du Kent, dans une maison qui sent le poisson. A 19 ans, elle écaille les huîtres que vend la famille, et son destin semble être d’épouser un voisin et de rester là ad vitam aeternam. Mais bien sûr, le sort en décidera autrement. Le sort, ce sera Kitty Butler. Kitty, habillée en homme, est chanteuse travestie au cabaret local. Nancy ira la voir un soir, puis le lendemain, puis encore le surlendemain... Et très vite, elle devra se rendre à l’évidence : elle est amoureuse. Amoureuse d’une femme. Amoureuse à en perdre la raison. Kitty bien sûr finira vite par repérer cette jeune admiratrice. Et tout va s’accélérer. Nancy va commencer une deuxième vie. Elle va suivre Kitty à Londres pour la seconder dans sa carrière et bientôt s’installer dans sa nouvelle vie de "gougnotte".
La vie de Nancy ne pourra bien entendu en rester là. Sa vie désormais, ce seront donc les femmes. Kitty d’abord, on l’aura compris. Puis Diana. Puis Florence. Dans ce Londres de la fin du XIXe siècle, la ville la plus riche du monde, Nancy connaîtra tout. L’amour et la haine, la honte et la passion au grand jour, la pauvreté et le grand luxe. Autant d’occasions pour Sarah Waters de nous raconter l’Angleterre victorienne. Les grands foyers d’accueil pour miséreux, les grands hôtels particuliers, le monde du music-hall, le monde ouvrier et la naissance du syndicalisme, la prostitution masculine comme féminine, les suffragettes réclamant le droit de vote, les orgies saphiques décadentes dans la meilleure société, la vie paisible dans les faubourgs... On se régale.
Les personnages et les situations sont "vraies". Le roman est un émerveillement. On comprend bien pourquoi Sarah Waters est d’emblée devenue une égérie. Une égérie certes, mais avant tout une grande romancière. A lire absolument !
