Contenu

Les larmes du soleil


 

 

 
Pays États-Unis

Sortie France 23 juillet 2003
Durée 1 h 58
Titre original Tears of the sun  
   
Réalisateur Antoine FUQUA

La note de ThD

Avec Bruce WILLIS (Lieutenant A.K. Waters)

(JPG)

  Monica BELLUCCI (Docteur Lena Hendriks)
  Cole HAUSER (James "Red" Atkins)
  Johnny MESSNER (Kelly Lake)

"Du dévouement de certains dépend la vie de beaucoup d’autres". Cette superbe sentence ne peut vous être étrangère. C’est celle qui accompagne Bruuuuuce Willis depuis deux semaines sur les affiches qui ornent chaque station de métro et chaque abribus de Paris. Eh bien, c’est tout à fait vrai. "Les larmes du soleil" le prouvent à chaque minute.

"Les larmes du soleil", c’est le film de tous les superlatifs. Le plus beau crâne, le plus grand courage et la plus grande abnégation, bien sûr. Mais aussi, la plus belle musique symphonique jamais composée pour un film, le plus beau lever de soleil sur l’Afrique jamais filmé depuis "Le roi Lion", le plus grand nombre de bombes, grenades et roquettes à la minute. Et bien sûr, la scène la plus sensuelle, quand le lieutenant Bruce déverse sa gourde d’eau sur son crâne. Ouah, on a du mal à s’en remettre, croyez-moi.

Le scénario est particulièrement riche. C’est la guerre au Nigeria. Des méchants (mais alors vraiment super méchants) ont pris le pouvoir après avoir assassiné le président (dernier défenseur de la démocratie et adoré de son peuple), sa femme, son fils héritier et ses deux filles. Le lieutenant Bruuuuce est chargé par l’armée américaine d’aller sur place sauver Monica Bellucci, veuve du docteur Kendricks, docteur elle-même, et qui soigne des blessés dans une mission catholique au fond de la forêt. Il faut la ramener avant que les méchants putschistes ne viennent tuer tout le monde.

Oui mais voilà, Monica veut amener tout le monde avec elle. Elle commence déjà à nous faire chier, celle-là. Trop bon, Bruce accepte, malgré les ordres de ses supérieurs. Mais au dernier moment, il y a un seul avion, il met Monica dedans, et il laisse tous les nigérians dans la forêt. Alors là, on est très étonné, ça ressemble tellement peu à notre Bruuuuce. La plus belle scène du film arrive alors. Bruuuuce réfléchit vachement et au dernier moment, il craque. Il dit au pilote de faire demi-tour. Il charge les plus invalides et les enfants dans l’avion et, avec une dizaine d’hommes, va essayer de conduire le reste du groupe vers la frontière camerounaise. Super courageux !

Mais voilà, ils sont suivis. Bruuuce au début ne comprend pas pourquoi, mais il a des milliers d’hommes à ses trousses. Il finira par apprendre la vérité. Dans le groupe, il y a le fils du président qui a échappé au massacre et qui représente le dernier espoir de la nation. Chaud, chaud. Mais tant pis, ils sont dix soldats, une trentaine d’hommes et de femmes estropiés, mais ils essaieront d’échapper aux milliers de brigands armés de lances-roquettes et de fusils mitrailleurs !

Je ne vous dirai pas l’issue du film, mais c’est super chaud. Bruce refusera de dormir, tant pis s’il est fatigué. Il prendra d’assaut un village aux mains des rebelles qui sont en train de massacrer tout ce qui bouge à la machette. Il devra en plus faire sans l’aide de l’armée américaine qui refuse d’intervenir pour des raisons diplomatiques. Monica elle, dès le début, essaiera de se faire sauter bien sûr. Après deux minutes, elle lui lancera "Mais appelez-moi donc Lena". Saloooope. Encore une veuve bien joyeuse ! Heureusement, elle gambade super bien dans la forêt.

Allez-y, vous serez scotchés pendant 1h58, et vous trouverez que ça finit bien trop tôt. Je dévoile juste une chose : le dernier mot prononcé dans le film, est "liberté". C’est tellement beau que je m’insurge aujourd’hui. Comment "Elephant" a-t-il pu être primé à Cannes en lieu et place du dernier opus des aventures willissiennes ? C’est à ne plus rien comprendre. On touche pourtant au sublime, on est quelque part entre Bergman et Eisenstein, mais rien. Pour une fois, c’est vrai, Chéreau n’a guère brillé dans ses choix ! Pour moi, pourtant, le choix était évident. Quoi qu’il en soit, dès demain je vais à la fnac réserver le DVD. Six mois d’attente, ce sera dur...

Ah oui, pour ceux qui s’étonneraient de ne voir qu’une étoile concédée à ce chef-d’oeuvre, un petit mot d’explication. Deux raisons en fait. 1/ C’est pour faire plaisir à Telerama. 2/ C’est un peu par dépit : en 1h58, pas le moindre bout de torse willissien, pas la moindre fesse, pas le plus petit bout de gland. C’est assez frustrant en vérité. Bruuuce sans son marcel, est-ce encore Bruuuuce ?