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Les enfants d’Alexandrie
| Auteur | Françoise CHANDERNAGOR | La note de ThD | |
| 07/10 | |||
| Pays | France | ||
| Première parution | 2011 | ||
| Éditeur | Albin Michel | ||
| Lu | Avril-Mai 2012 |
L’amour de Cléopâtre et Marc Antoine, et le récit de leur chute, par les yeux de Séléné, leur fille, qui sera la seule rescapée de la famille après la chute d’Alexandrie sous les assauts d’Octave.
Quelle famille que celle de Cléopâtre. La Reine d’Egypte, à la fois fantasque et grave, est avant tout une mère de famille nombreuse. Césarion est appelé à régner après elle, et elle s’attache particulièrement à l’éducation politique de l’adolescent. Elle est nettement moins présente pour les trois enfants qu’elle a eu avec Marc Antoine, mais représente pour eux une haute figure rayonnante, quasi mythique. Parmi ceux-ci, Séléné, enfant discrète, un peu noireaude, qui observe son monde évoluer puis peu à peu se perdre. Durant son enfance, élevée dans un Palais réservé aux enfants, elle ne verra guère ses parents. Sa mère vit dans un palais éloigné. Son père est absent, toujours en guerre avec Octave. Les batailles sont acharnées pour s’assurer le contrôle de l’empire romain. L’enfant comprend de loin la solitude de sa mère, son amour désespéré pour son beau romain, qui l’a épousée, mais refuse encore de répudier Octavia, sa première épouse romaine. Au fur et à mesure que les armées romaines gagneront du terrain, elle apprendra la vie de famille. Marc Antoine se replie en Egypte, trouvant un vrai réconfort auprès d’une Cléopâtre qu’il admire. Ces deux-là font la paire. La famille s’agrandit encore avec l’arrivée des enfants romains d’Antoine. Mais la tension monte. Les armées d’Octave gagnent du terrain. La fortune immense de Cléopâtre ne peut compenser des armées inexpérimentées. Marc Antoine se battra jusqu’au bout. En vain...
De manière générale, je n’aime guère les romans historiques, que je vois comme des oeuvres faciles et prétentieuses. Avec Françoise Chandernagor, pourtant, je sais que je peux faire exception sans être déçu. La langue est toujours belle et douce, même quand il s’agit de narrer les pires massacres. Les têtes volent beaucoup dans ce monde antique, les viscères sont offertes au public, la mort est à chaque angle de rue. Aucune pitié envers les ennemis quand il s’agit de remporter des victoires. Le récit de la chute d’Alexandrie est haletant, toujours vu par les yeux d’une gamine de 10 ans, livrée à elle seule. Cléopâtre s’est enfermée, laissant ses enfants à leur triste sort. Seul lui importe le sort de son cher Marc Antoine. Séléné verra la mort de beaucoup de ses proches, imaginera celle des autres. Et Françoise Chandernagor de nous raconter tout ça avec ces mots si doux. Une Françoise Chandernagor qui se met elle-même en scène en train d’écrire cette histoire, qui nous parle de son travail d’écrivain, de ses doutes, de ses hypothèses, de ses partis-pris. Une fois le roman terminé (le premier tome d’une série de trois), elle revient en conclusion sur tous les choix historiques et littéraires qu’elle a opéré, légitimant ainsi son ouvrage. Une forme d’humilité que je respecte. En tous cas, explications ou pas, la langue est belle, et le roman se lit très bien !

