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Le système Victoria


Auteur Eric REINHARDT La note de ThD
08/10
Pays France
Première parution 2011
Éditeur Stock
Lu Octobre 2011

J’avais découvert Eric Reinhardt lors de la rentrée littéraire 2007, avec son Cendrillon que j’avais adoré. La qualité est indéniablement au rendez-vous avec ce roman 100% hétéro, mais vraiment prenant, haletant.

C’est l’histoire de David Kolski, fils d’une famille d’immigrés, ancien architecte, aujourd’hui conducteur de travaux, en charge de la tour Uranus, énorme projet, tour la plus haute de la Défense qu’il faut ériger dans les délais et le budget impartis, et auquel il consacre toute son énergie. Au point de délaisser sa femme et ses deux filles. Au début du roman, cependant, David Kolski a prévu de rentrer tôt pour fêter l’anniversaire d’une de ses deux filles. Il fait juste une halte dans un centre commercial pour acheter un cadeau à sa cadette. Las, lors de ses déambulations, il aperçoit une femme, et c’est le coup de foudre. Soudain et absolu. Il suivra la femme toute la soirée, laissant tomber la famille qui l’attend. Un jeu de séduction s’installe. La femme lui donnera sa carte de visite. Elle s’appelle Victoria de Winter, est DRH monde d’une grosse société anglaise, et passe son temps à voyager.

David retrouvera Victoria à Londres lors d’un séminaire. Ils deviendront amants. Apprendront à se connaître, tout en se contenant de relations sexuelles, sans plus. Leur relation devient de plus en plus prenant. David ne sait plus gérer cette femme qui à la fois le fascine et l’écoeure. Ils évoluent en effet dans des mondes opposés. Leur vision du monde et des rapports humains sont antagonistes. Mais David a Victoria dans la peau et se laisse peu à peu glisser dans l’abyme d’une relation dont le lecteur sait immédiatement qu’elle finira mal, très mal. Dès les premières pages, en effet, l’auteur nous prévient : ceci est le récit d’une année qui conduiront à la mort de Victoria et à la chute de David Koski. On le suivra donc dans cette descente, dans cette relation sexuelle intense qui le consume mais à laquelle il ne peut résister...

Le roman est très fort. S’il met encore en avant les affres de la vie moderne et du capitalisme triomphant, il fait surtout la part belle aux sentiments humains, aux forces sexuelles qui balaient tout sur leur passage. Les personnages ne sont ni bons ni mauvais. Ils sont juste vrais, chacun avec ses forces et ses faiblesse. Le constat final est cruel et désespéré. Mais qu’est-ce que c’est beau !!