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Le temps du loup
| Pays | France |
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| Sortie France | 8 octobre 2003 | |
| Durée | 1 h 53 | |
| Titre original | Le temps du loup | |
| Réalisateur | Michael HANEKE |
La note de ThD |
| Avec | Isabelle HUPPERT (Anne Laurent) |
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| Rona HARTNER (Arina) | ||
| Béatrice DALLE (Lisa Brandt) | ||
| Patrice CHÉREAU (Thomas Brandt) |
Encore une fois, Michael Haneke (Funny games, La pianiste...) nous offre un film étrange, cruel, violent, et se révèle le maître de l’oppression et du plan fixe.
Dans Le temps du loup, le spectateur est à peine assis qu’il plonge dans l’angoisse. Le générique d’abord. Totalement silencieux. Des textes bruts blancs sur fond noirs. On n’entend rien dans la salle, on se prépare au pire. Et arrivent les images. Une forêt. Une maison de week-end totalement isolée. Isabelle Huppert et sa petite famille (son mari, leur fille et leur petit garçon) arrivent et descendent les provisions du monospace. Mais à peine sont-ils entrés que des inconnus les menacent d’un fusil. Un père de famille, sa femme et leurs deux enfants se sont installés et n’entendent pas partir. On s’attend au pire. On sait que Haneke n’a peur de rien, que la scène sera brute, sanglante, horrible. On ne sera ben sûr pas déçu. Ca ira très vite, on n’aura quasiment pas le temps de respirer.
L’ambiance est pesante. La nuit quasi omniprésente. Quand il fait jour, la campagne est envahie par le brouillard. Quand on rencontre enfin d’autres gens, soit ils ferment leur porte et jouent les absents, soit ils parlent, mais en polonais. Le héros "hanekien" est seul. Il doit évoluer dans un monde hostile, un monde qui lui échappe et qui ne peut conduire qu’à la mort et la souffrance. Le spectateur, lui, tient tant bien que mal. Il étouffe avec les héros, il en prend plein les yeux, il n’en peut plus, il descend toujours plus profond dans la violence, il n’en peut plus.
Haneke, on aime ou on hait. Moi, j’aime. J’aime parce que, derrière la violence des images ou des situations, il y a d’abord une vision. Une vision absolument noire de l’humanité, où c’est chacun pour soi, où tout espoir est banni. Mais tout cela est servi par des images extraordinaires. Haneke est un maître du plan fixe. Pendant cinq minutes, la caméra ne bouge plus, et rien ne se passe. L’horreur n’en est que plus prégnante. Les toutes dernières secondes aussi sont spectaculaires. Aucun son, aucune action, une une succession de paysages vus au travers d’un train qui avance à toute vitesse. Il y a comme ça de grands moments de respiration dans le cinéma d’Haneke, sans quoi le spectateur ne tiendrait pas.
On pourra reprocher certaines longueurs au film. On a l’impression de deux films dans un seul, le premier (i.e. le premier tiers) étant, c’est vrai bien meilleur que le second. Mais le casting est impeccable, l’atmosphère inimaginable, et la photo superbe.

