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Les adieux à la Reine
| Auteur | Chantal THOMAS | La note de ThD | |
| 08/10 | |||
| Pays | France | ||
| Première parution | 2002 | ||
| Éditeur | Seuil .. Points Seuil | ||
| Lu | Décembre 2003 |
Un très beau roman historique, très joliment écrit, sensible, extrêmement documenté, émouvant et passionnant.
Vienne 1810. Napoléon envahit le pays. Une vieille dame de soixante-cinq ans commente la situation avec ses compagnons, anciens de la Cour de Versailles, exilés dès les premières heures de la Révolution. L’occasion de se souvenir de sa jeunesse.
En 1789, Agathe-Sidonie Laborde vit à Versailles. Elle est lectrice adjointe de la Reine et n’est plus sortie du Palais depuis huit ans. En cet été fatal, alors que le jeune dauphin vient de mourir peu après l’ouverture des États Généraux, tout va basculer en quelques heures. Le 14 juillet est une journée relativement calme. Le 15 au matin, l’effervescence s’empare de la Cour : un messager aurait osé réveiller le Roi en pleine nuit. Un peu plus tard, on parle de soulèvements à Paris. D’aucuns avancent même que la Bastille aurait été prise d’assaut la veille. Impossible ! Affabulation de journalistes, à la solde de la propagande républicaine. Dans l’après-midi pourtant, les bruits se font de plus en plus pressants. La Reine prépare ses bagages et demande à ses dames de dessertir tous les diamants, rubis et turquoises de ses bijoux.
Le 16, c’est l’affolement général. Les fleurs ne sont plus changées dans les vases comme chaque matin. Les domestiques disparaissent les uns après les autres. Les nobles ferment leurs appartements et se disputent les chevaux. C’est une Cour traquée qui se terre au Palais. On a perdu les grilles qui pourraient fermer la cour. On attend la foule hostile qui avance. On fuit dans les souterrains. La rumeur prétend les sous-sols truffés d’explosifs, tout va sauter ! Et la Reine, obligée de rester par le Roi, demande à Agathe de fuir avec la famille Polignac.
Chantal Thomas (la chercheuse au CNRS, pas la couturière) décrit de manière fantastique l’atmosphère de la Cour, puis l’ambiance de chute de régime vue depuis l’intérieur. En trois jours, les destins vont basculer. Et l’œil candide de la narratrice permettra de bien recréer l’incompréhension totale, l’impréparation, l’effondrement. Très très bon.
