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En l’absence des hommes


Auteur Philippe BESSON La note de ThD
07/10
Pays France
Première parution 2001 (JPG)
Éditeur Julliard
Lu Janvier 2001
Relu Mars 2011

Janvier 2001 Une fois n’est pas coutume, c’est un article du Canard Enchaîné qui m’a poussé à lire un roman. Comme quoi, tout finit par arriver sur cette bonne vieille terre.

Une histoire très belle, courte mais intense. Une histoire d’amour entre deux jeunes hommes durant l’été 1916. La découverte de l’amour, et de l’autre au masculin. Tout cela doublé d’une relation amicale avec Marcel Proust lui-même !

Un très beau premier roman, très sensible, peut-être trop sensible parfois. Une démystification de l’homosexualité, au cœur même d’une époque peu encline à accepter "l’inversion".


Mars 2011 Mars 2011. Dix ans plus tard, retour au premier roman de Philippe Besson. Après la suite catastrophique que constitue Retour parmi les hommes, j’ai voulu revenir aux origines, pour comprendre pourquoi j’avais aimé En l’absence des hommes, pour savoir si en effet en 10 ans Besson a perdu son talent, ou si, il y a 10 ans, j’avais lu le roman avec d’autres yeux.

Tout de suite, j’ai découvert avec soulagement qu’en effet ce premier roman n’a rien à voir avec le dernier. On est transporté à la lecture d’En l’absence des hommes. La langue est très belle. En des phrases courtes, Besson faisait vivre aux lecteurs l’émotion de son héros, ce jeune Vincent de l’Etoile, fils d’une famille aristocrate, de 16 ans, qui tombe amoureux d’Arthur Valès, le fils de la gouvernante, 21 ans, de retour du front (nous sommes en 1916) et qui va découvrir avec lui le plaisir charnel homosexuel et l’amour. 7 jours de permission. 7 jours qui vont bouleverser la vie du jeune garçon renfermé, qui par ailleurs vient de rencontrer le fameux Marcel Proust qui, à 45 ans, va devenir son ami et son confident.

La découverte des sens et des sentiments se fait de manière pure et innocente. Vincent ne percevra que plus tard le poids de cet amour interdit. Et de suite, il devra affronter la perte, lorsqu’Arthur sera tué au front. Besson nous offre une vision simple de l’homosexualité, et tragique à la fois. Il nous fait ressentir dans nos trips toutes les émotions du héros. Il nous offre aussi un très beau portrait de Proust, qui n’assumera jamais sa propre homosexualité aux yeux de Vincent, qui parlera de sa mère, de sa vie, de ses doutes, de son oeuvre. On est véritablement transporté par l’écriture et on est envahi de douce nostalgie en tournant la dernière page. Et on regrette que l’écrivain, depuis, se soit perdu quelque part entre Paris Première et Europe 1.