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Heureux comme Dieu en France
| Auteur | Marc DUGAIN | La note de ThD | |
| 07/10 | |||
| Pays | France | ||
| Première parution | 2002 | ||
| Éditeur | Gallimard | ||
| Lu | Mai 2005 |
"... Mon père est entré avec un regard de déterré accompagné d’un médecin reconnaissable à sa mallette en cuir. L’exécution du plan commençait. Le médecin m’a parlé d’une méningite foudroyante pour écourter la pièce de théâtre. Les plans avaient changé. Je devais partir dans les trois jours, la nuit de ma mise en bière. Pendant les deux journées qui ont suivi, il a effectué un incessant ballet entre son cabinet et la maison. Ma mère, dans son rôle comme si elle sortait du conservatoire, s’ouvrait à qui voulait l’entendre que son fils était atteint d’une méningite virale. Le genre d’annonce qui tient les compatissants éloignés. Je suis mort le lendemain soir. Le médecin a signé le certificat de décès. Je me suis habillé dans mon seul costume. Ma mère m’a maquillé, blafard."
Le narrateur du roman est un jeune homme de 20 ans. 20 ans en 1940, dans une France vaincue qui a remis son destin entre les mains d’un vieux Maréchal... Le père du narrateur a décidé que son fils ne peut rester comme ça sans rien faire dans la maison familiale des bords de Marne. Alors, on simulera sa mort, et il gagnera la zone libre pour continuer le combat. De faux papiers, un réseau organisé, et les adieux seront brefs...
Heureux comme Dieu en France, ce sont donc les aventures de ce jeune garçon entré tôt dans la clandestinité. Les missions qui lui sont confiées, les rencontres, les autres résistants, les communistes, les gaullistes, les collabos, les allemands qu’il faut infiltrer, avec lesquels on se lie presque d’amitié mais qu’il faudra néanmoins tuer dès le lendemain... Puis la Libération, une vie à reconstruire tant bien que mal, la vie à réapprendre.
Le roman est très bien écrit. Je lui reprocherais juste un rythme un peu trop rapide. On n’entre dans la résistance que pour en ressortir 150 pages plus loin, c’est un peu dommage. Mais il reste les très belles pages sur les liens entre les hommes, sur un amour de l’autre qui transparaît partout. Et ça, c’est vraiment très réussi.